* Calendrier .

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

* Playlist .



AaRON
Adele
Anais
Aerosmith
A Fine Frenzy
Air
Amy McDonald
Amy Winehouse
Avril Lavigne
Babyshambles
BB Brunes
Benabar
Bloc Party
Bon Jovie
Boyce Avenue
Brandi Carlile
Bryn Christopher
Cat Power
Charlotte Gainsbourg
Chris Daughtry
Cocoon
Coldplay
Counting Crows
Damien Rice
Dido
Duffy
Eagle Eyed Cherry
Evanescence
Fall out boy
Franz Ferdinand
Gary jules
Gavin Degraw
Gnarls Barkley
Good Charlotte
James Blunt
James Morrison
Janis Joplin
Jason Mraz
Jeff Buckley

Jet
Justin Nozuka
Kate Nash
Katy Perry
KT Tunstall
Lenny Kravitz
Lifehouse
Lilly Allen
Linkin Park
Maroon 5
Mat Kearney
Matthieu Chedid
MGMT
Michael Jackson
MINF
Muse
My Chemical Romance
Natasha Bedingfield
Nickelback
No Doubt
One Republic
Oasis
Panic! At the Disco
Paulo Nutini
Placebo
Plain White T's
Queen
Radiohead
Ray Lamontagne
Razorlight
Red Hot chili Peppers
REM
Renan Luce
Saez
Sara Bareilles
Sarah Maclachlan
Simple Plan
Snow Patrol
Superbus
Take That
Texas
The Beatles
The Calling
The Cardigans

The Corrs

The Cranberries
The Do
The Fray
The Killers

The Kooks
The Police
The Rescues
The Rolling Stones
The Ting Tings
The Verve

Thirteen Senses
Thomas Dutronc
Tryo
U2
Vanilla Sky
Yellowcard
Weezer

    Cette année, les vacances ne se sont pas tellement accommodées du soleil. Mais ce n'en sont pas moins des vacances ! Public ne néglige pas les paparazzis, Closer suit avec attention les moindres faits et gestes des stars, les exhibitions de certains, et tout ce qu'elles ont dans la bouche, enfin les conneries qu'elles disent bien sûr. La gazette a cette année ciblé trois stars en vacances à Heugas, village de 1268 habitants qui se retire dans l'intimité des Landes, à l'écart du tourisme et d'un peu tout. Voici en exclusivité le reportage de quinze jours imprévisibles dont ils se souviendront...

I. Heugas : Destination Finale ?

- Heugas, mais qu'est ce que vous allez faire dans ce coin perdu ? Y'a même pas de boulangerie.
- Euuh, en fait on sait pas.

    C'était un peu tard pour faire marche arrière. La location nous attendait, et les bagages avaient emplis la voiture. Une pile d'une vingtaine de tee-shirts dont seulement cinq serviront, un sac blindé de multiples paires de chaussures. Et sans compter que deux jours plus tôt, au réveil Guillaume avait trouvé sa mère en train de sauter sur la valise pour réussir à la fermer. C'est toujours un peu excitant de faire une valise, ça annonce un peu de changement et de bouleversement. On a toujours l'angoisse de prendre ce qui ne sert finalement à rien, et d'oublier l'essentiel... Certains s'y prennent une semaine à l'avance, et d'autres...
- Manon, tu peux amener ta valoch' à la maison, mon père veut charger la voiture.
- Ah. En fait, ça te dérange pas si je te l'amène un peu plus tard, j'ai toujours pas commencé.

    Mais après vérification du niveau d'huile, rechargement des i-pod et une nuit très courte, faute de fous rires, la voiture démarre. C'est Destination Finale en direction d'Heugas, surtout quand Guillaume prend le volant.
- Guillaume, on rétrograde jamais dans un virage !
- Ah, trop tard.
- Non mais attends, on est toujours dans le Cantal, je déteste le Cantal !
- Pourquoi tu tournes la tête, ça ne sert à rien si tu ne regardes pas la route ! On roule un peu trop à gauche là, et puis freine regarde devant toi !
- Mais putain c'est bon.
- C'est quoi ce bruit ?
- Putain on a crevé !

    Le trajet se ponctue toutefois de discutions variées, qui se centrent sur la chanson qui passe à la radio, sur un tel ou un tel...
Manon : Non mais comme Quentin Mosimann, quel style de merde !
Adrien : Oui, avec ses étoiles...
Manon : Il verra bien à 50 ans, il regrettera.
Guillaume : Ouais, ça sera plutôt des étoiles... Filantes !
... Sur les émissions de Koh Lanta et Secret Story vues la veille...
Adrien : Comme Pierrot qui se débarrasse du bouquet d'Isabelle en le donnant à Caroline.
Manon : Un bouquet de roses noires. Faudra les arroser avec du sang ! « Mon Pierrot, mon univers ! Je ne peux pas être moi-même sans mon Pierrot... »
... En faisant un Pictionnary, dont voici l'image explosive. La gazette vous laisse le soin de trouver qui est représenté.

II. Bienvenue au Domaine de Manos.

     Après 13 heures de route, dont 3 heures d'attente d'un pneu tout neuf, le propriétaire du gite, un sicilien et policier de surcroît souhaite la bienvenue au domaine de Manos, un ancien grenier réaménagé, vieux de 200 ans (ça aurait dû forcer le respect), plutôt convivial, équipé d'un lave linge, d'un cafetière et d'un micro-onde multifonction, de seulement 5 couverts pour 6 personnes, d'une télé sans M6, d'un lecteur Dvd qui ne marche même pas, d'armoires décoration et d'une porte close. Le domaine de Manos, une deuxième maison des secrets ?
Guillaume : Putain t'as pas un pied de biche qu'on défonce cette porte ? J'ai trop envi de savoir ce qu'il y a dedans !
Manon : Non mais le gars c'est un sicilien, il doit y avoir de la cocaïne et des armes...
    Pour accéder aux chambres, 5 marches très ‘craquantes', et un plafond si bas qu'il faut baisser la tête... Quelques années plus tôt, un allemand était tombé dans les pommes par inattention. Deux chambres, chacune équipées de lit. Formidable n'est ce pas ? Petite précision, les lits n'ont pas de sommier. A noter que la chambre des guest-stars Manon, Guillaume et Adrien n'est pas isolé, laissant s'échapper les conversations les plus insolites des propriétaires habitants au dessous. Chaque chambre comprend deux fenêtres qui offrent une vue imprenable sur la route, et qui pâtissent à se fermer, tandis que la buanderie propose, quand à elle, une vue un peu indiscrète sur la salle de bain.
        La gazette a d'ailleurs réussi, grâce a des reporteurs experts, à infiltrer la chambre des trois célébrités, et ce n'est pas toujours joli à voir... Un vrai dépotoir ! Une semaine de plus et il aurait fallu faire intervenir les services sanitaires !
Manon : Putain Guillaume, arrête de laisser trainer tes calbutes, c'est dégueulasse ! Ah et puis dégage tes tong ça me dégoute !
*
Adrien (à Guillaume) : T'as des pieds vraiment moche quand même.
Guillaume : Tu peux parler toi en matière de pieds ! T'as les orteils recroquevillés et plein de peau morte !
Adrien : C'est pas de la peau morte !
Guillaume : Ah pardon, des crevasses !
*
Guillaume dépose un cheveu sur le ventre de Manon...
Manon : Aaaaaah, c'est quoi ?
Guillaume : Un cheveu ! (un temps) ... Avé la Racine !
*
Manon : Ah putain, je peux pas dormir avec la porte du placard ouverte, ça me stresse (elle se lève pour la fermer, sous le regard étonné des autres, il est vrai que ça n'arrive pas souvent !). Adrien, éteint la lumière s'il te plait (un temps). Ah putain attends j'ai trop chaud rallume ! (Adrien éteint à nouveau) Non mais attends, rallume ! Regardez le placard... (Il est à nouveau ouvert, et d'un air douteux Guillaume se lève pour refermer la porte)...
Quelques minutes plus tard...
Manon : Putain non mais j'ai trop chaud, j'arrive pas à dormir, rallume on discute (Adrien rallume).
Guillaume : Le placard ! Il est encore ouvert ! (panique générale, tout le monde tire les duvets)
Adrien : Ah mon dieu ! On dirait qu'il y'a une tête blanche à l'intérieur...
Manon : Non, c'est ma culotte.
      Le sol de la chambre est jonché d'affaires, de chaussettes, de sable, de miettes de gâteaux... Manon pensait avoir trouvé une solution efficace, celle de faire un tas au pied de son lit, mais cette tentative n'a mené nulle part... « Guillaume, t'as pas vu ma pince à épiler ? », « j'ai perdu mon vernis », « c'est toi qui as pris mes lunettes ? »... D'autre part, dans la chambre des secrets, les nuits sont très agitées, si bien que le lendemain, l'ambiance tourne aux règlements de compte :
Guillaume : Putain faut vraiment que tu arrêtes de bouger, c'est insupportable !
Adrien : Mais t'as vu toi tu prends toute la place, cette nuit je me suis pris ton coude dans ma gueule !
Guillaume : Ben demain t'iras dormir sur le canapé !
Adrien : Non mais dégage !
   
FLASH SPECIAL !
    Au neuvième jour, Les habitant sont victimes d'un attentat suicide. Manon, dans un état second, ivre de vengeance vis-à-vis des moustiques s'empare de la bombe anti-moustique ‘Marie-Rose' et vaporise pendant plusieurs minutes. Guillaume prend la situation en main dans cette panique générale et court ouvrir les fenêtres pour aérer cette atmosphère étouffante. Ce geste héroïque sauvera les habitants d'une intoxication mortelle. Quelques minutes plus tard, Manon lit les précautions d'emploi : « ne pas respirer les vapeurs. Utiliser en zones bien ventilées. Ne pas avaler, en cas d'ingestion, consulter rapidement un médecin ! ». Point positif : plus de moustiques !
        EXPLOSIF !
        Les propriétaires du dessous sont complètement inconscients... Le cinquième jour, vers 23h30, le petit fils dit à sa grand-mère « Woow la vieille, baisse le son ! ». Le lendemain, au beau milieu d'une après midi agréable retentit un vrombissement intense « ah, la vieille s'est lâchée » (Manon). Le quatorzième jour, la veille du départ, les habitants collent leur oreille contre le sol et surprennent la conversation entre le propriétaire et sa femme qui tourne très vite à... « Ah ça chatouille [...] Oh ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » (la femme). Entre excès de colère et plaisir jouissif, la maison des secrets en voit de toutes les couleurs ! Il va vraiment falloir isoler la pièce...

        La salle de bain est l'un des lieux essentiels de la maison des secrets. Vous savez en vacances, les stars ont besoin de se pomponner, de se coiffer, de se brosser les dents à toute heure, au réveil (soit entre 11h et 14h), en revenant de la plage (soit vers 19h) et parfois même au beau milieu de la nuit, en revenant de soirées arrosées (soit entre 2h et 6h), et dans toutes conditions, lorsqu'on a 3 grammes d'alcool dans le sang, lorsque l'un prend un bain savoureux tandis que les autres s'impatientent qu'il finisse, ou dans le dernier des cas, lorsqu'il faut être tous lavés en 20 minutes. Top c'est parti ! Guillaume se déshabille, entre dans la douche, tire le rideau, règle la chaleur de l'eau. Manon entre dans la salle de bain, se pose sur la lunette des toilettes en disant « ah ben tient, je vais enlever ma culotte ça sera fait », fait un soin du visage tandis que Guillaume se rince puis se sèche. Manon entre dans la baignoire mais par mégarde, son regard se pose sur les parties interdites de Guillaume qui s'apprêtait à se rhabiller. Adrien fait irruption dans la pièce, prend une serviette pour se cacher et ouvre la lunette des toilettes. Oui, cette fois-ci, pour garder un minimum de pudeur et d'intimité, il faudra faire pipi assis ! Manon se sèche et se rhabille à son tour laissant la place à Adrien qui n'a plus qu'une minute pour tout faire...
     Mais la salle de bain est avant tout appréciée pour ses toilettes, quand ils ne sont pas bouchés et ne demandent pas de vider la fosse septique et d'en délivrer une odeur nauséabonde. Scandale ! Le deuxième soir, Guillaume se vide de ses excréments naturels et se libère de ce mal de ventre qui le tordait. Le bilan s'élève à une heure sur le trône et un record en apnée! Toutefois, il est impossible d'estimer le temps total passé aux toilettes pour sa part, car bien trop important. Mais le quatrième soir, il sera devancé par Manon dont les spasmes multiples démontreront la thèse suivante : non, les excréments de celle-ci ne sentent pas toujours la rose ! Répugnant... Seul Adrien a su rester 5 jours sans aller... Hum, respect ! Les toilettes ne sont pas exclusivement convoitées au domaine de Manos, la Gazette en a la preuve, en surprenant une conversation douteuse dans un restaurant mexicain :
- Non mais t'as vu comme on a mangé épicé, j'ai encore envi de retourner aux chiottes, mais j'ai peur de faire du bruit... En fait, tu vas faire style de te laver les mains et tu les fais sécher comme ça, ça fera du bruit. Tu les fais sécher longtemps hein, même si tu chopes des crevasses !

 III. VDM : Vacances De Merde !

    Dans la maison des secrets, les rebondissements sont multiples, et chacun doit apprendre à vivre en communauté, à partager les intimités, si bien que chaque jour, la pudeur s'atténue... Mais dans la maison des secrets, la tension peut parfois monter. Entre les parents et les ados, la conception des vacances et bien différente. Les vieux ont besoin de se reposer indéfiniment pour passer de bonnes vacances, rester cloitrés au domaine de mon Cul pour faire la sieste et gaspiller du temps précieux. A l'inverse, les jeunes veulent sortir, boire, sortir, rencontrer des tas de gens, rentrer à pas d'heure, vivre au jour le jour pour que plus tard, ils puissent se revoir et passer des heures à se souvenir de leurs vacances d'été 2008.
- La féria de St Vincent de Tyrosse ? Oui on ira demain après midi si vous voulez.
- Mais papa, une féria c'est le soir ! L'après midi il y'a rien à y faire !
- Ben je vous y mènerai le soir alors. Je viendrai vous chercher à 23h.
- Non mais ça commence a 23h30 jusqu'à 3h !
- C'est hors de question que je vienne vous chercher à 3h.

*
- Euh...
- Qu'est ce que tu veux encore ?
- Ce soir y'a le NRJ music Tour à Seignosse, on peut y aller ?
- Non mais tu me dis ça maintenant. Mais je vais pas vous trimbaler tous les jours, autant retourner travailler à Sarras, je te le dis !
- Non mais de toute façon, vous ne voulez jamais rien faire à part rester ici à moisir !
- Tu vas t'en prendre une, ça va être vite fait !

*
- Non vous n'irez pas à Bayonne ! L'année dernière il y'a eu vingt viols dont une morte !
- Non mais c'est sur que si tu regardes que ça tu sors plus de chez toi.

*
- Bon vous n'irez pas en boîte, papa n'est pas bien et c'est super loin...
- Ouais, comme d'habitude quoi.
- Oh mais arrête enfin s'il te plait !

        Quelques heures plus tard...
- Vous avez qu'à aller au Tex Mex puis faire une partie de Bowling, papa vous emmènera !
      Finalement, en vacances on s'aperçoit très vite que la cohabitation est encore plus difficile avec les parents qu'avec les amis ! Mais quelle définition donneriez-vous aux vacances ? Dans la maison des secrets, et plus particulièrement dans la chambre des secrets, elles se résument à un pneu crevé, une panne d'essence, des sorties écourtées, un NRJ Music Tour raté, des sorties clé en main, un temps grisâtre... « Mais qu'est-ce qu'on se fait chier ! », « Je crois que je vais me pendre avec le rideau »... Au début de la deuxième semaine, deux nouveaux habitants intègrent la maison des secrets: Michel et Sylvie ! Du coup, les vieux ne passent plus leurs soirées à rien faire, mais jouent au petit bac !
Brigitte : Alors un objet en J. Journal.
Thierry : Jouet.
Sylvie : Jilet.
Michel : Mais gilet, c'est avec un G !
        Ouais bon, finalement faîtes rien, c'est toujours moins désespérant !

IV. Ne jamais rien prendre pour acquis,
Car tôt ou tard, la roue tourne...

       La Gazette a également suivi les meilleurs moments. Vous pensiez avoir fini de lire ce reportage ? De rester sur cette note pessimiste ? Mais méfiez vous des apparences...
         Il n'y a rien de plus agréable que de se prélasser au soleil, sur le sable chaud à se laisser bercer au son des vagues se cassant et s'écrasant sur le rivage, écouter une musique douce et imaginer l'inimaginable, se remémorer un souvenir lointain, ou tout oublier. Mieux encore, se languir d'une bonne soirée en prévision ! Sur le dos, sur le ventre, laisser les rayons brûlant brunir la peau, afin que le soir, en se regardant dans le miroir, on puisse être fier de constater la marque qu'a laisser le maillot de bain. Enfin pour certain, ce n'est pas une simple marque qu'a déposé le soleil, mais deux jambons de Bayonne à la place des jambes ! Le Cétavlon en a prit un coup ! Il n'y a rien de plus savoureux sur la plage qu'un bon beignet à la Nutell' bien gras pour reprendre toutes les forces qu'on a perdu en évitant les vagues. Ce sont des rituels, cela n'arrive que sur la plage ! Lire les potins de stars chez soi, ce n'est jamais aussi drôle que sur sa serviette de plage ! Faire les tests de Oops, Closer et Public, c'est tellement mieux en vacances !
Manon : Alors toi Guillaume, tu es entre le maniaque de l'organisation et le flémard.
Guillaume : Ah ouais grave, c'est trop vrai !
Manon : Adrien tu es entre Mr Pas Content et le flémard.
Adrien : Ok, et toi t'es quoi ?
Manon : Euh, la flémarde.
       Mais bien sûr, il y'aura toujours des sales mioches pour venir vous faire chier, ou des gens assez cons pour oser faire une partie de foot en slalomant entre les serviettes. Outre ces importuns, quand on n'a rien à faire sur la plage, il suffit juste de regarder les gens qui nous entourent. Et il n'y a jamais eu autant de choses à dire...
« Putain mais comme ils sont beaux les surfer ! »
« Wroum, Wroum, Wroum, tu veux un autre chou à la crème ? »
« Regarde le gamin, on dirait 50 cent. »
« En fait pour faire des aussi grosses vagues, ils ont embauché la femme là-bas. Ils la jettent d'un hélicoptère et voilà ! Mais la y'a plus de vague elle doit être fatiguée... »
« T'as une pétoile ! »
« Non mais je comprendrai jamais les gens qui se changent sur la plage ! Regarde le vieux juste à gauche ! Sa serviette est trop petite en plus. Oh ! On a vu sa bite ! »
« J'ai jamais vu ça ! Des gens qui attendent que les autres partent pour prendre la place, comme sur les parkings... N'importe quoi ! »

... Manon, Guillaume et Adrien adorent voir la marée montante, lorsque l'eau arrive si vite qu'il est déjà trop tard pour réagir. Mouhahahaha !
« Ah ben elle ne terminera jamais son livre ! »
      Pendant ce temps, le soleil parcourt l'horizon en direction de l'ouest, jusqu'à plonger dans l'océan et nous laisser profiter de nos plus belles soirées, nos plus beaux moments...

V. Summer 2008,
Life Easy - Party Hard !

       Dans la maison des secrets, c'est une voix intérieure qui dicte aux habitants les jolies choses à faire pour profiter du meilleur, rendre au passé ce qui lui appartient et ignorer pour un temps l'avenir afin de ne vivre que le plus important, l'instant présent. « Avis à tous les habitants, la féria de Saint Vincent de Tyrosse se termine le mardi 29 juillet 2008. Guillaume, si tu parviens à convaincre ton père de venir vous chercher le plus tard possible, tu remporte le droit de te prendre une grosse cuite, ainsi que tes amis ». La mission n'était pas gagnée d'avance, et pour Guillaume, Manon et Adrien une soirée qui se termine à 23h ne mérite même pas qu'on y aille. La mission de Guillaume sera accomplie partiellement puisqu'en utilisant sa force de persuasion, et grâce au soutient de ses amis, il parvient à repousser la fin de soirée à 0h30. « Mission à moitié accomplie. Guillaume, tu as le droit de te mettre une demi-cuite, bonne soirée ». Non, Guillaume, Manon et Adrien ne connaissent pas vraiment les demi-cuites. C'est tout ou rien, alors ça sera tout. Et la soirée s'en suivit ainsi, un verre de vodka (ou de bière) à la main, une cigarette de l'autre, sans quoi Manon n'aurait jamais parlé à un gitan (guitan ou romanaïqueul) sourd et muet, Adrien n'aurait jamais retrouvé sa « pote de Saint Palais », laquelle ne m'aurait jamais dragué sur « Quand la musique est bonne », ni même dans une queue-leu-leu géante. Mais sans ça, Guillaume n'aurait pas eu à supporter l'haleine de chacal de cette folle !
La gitane (à Adrien) : Hey ! Mais t'es mon pote de Saint Palais !
Adrien : Euh non désolé vous devais vous tromper.
La gitane : Ah pourtant tu ressemble vraiment à mon pote de Saint Palais ! Vous habitez où ?
Manon (en murmurant) : Putain on habite où ?
Adrien : Saint Geours de Marraine.
Le gitan : Ah oui ! Mais quelle rue ?
Guillaume (en murmurant) : Putain Adrien on habite quelle rue ?
Adrien : Rue des pépinières !
Le gitan (après avoir demandé à d'autres s'ils connaissaient) : On connaît pas, on savait pas que ca existait.
Guillaume : Bon, on va danser
Manon : Putain, elle nous suit !
La gitane (en hurlant) : Quand la musique est bonne ! Bonne ! Bonne ! Bonne ! Quand la musique donne...
Tous en chœur : Donne ! Donne ! Donne !
        La soirée se poursuivit au milieu de la foule, des dizaines de personnes déguisées pour satisfaire le thème de la soirée, parmi lesquels les schtroumfs, les M&M's, la famille Simpson, des hommes préhistoriques, la forêt, entre quelques envies de pisser, au rythme des tcheks et d'excellentes musiques. Finalement, la fête empiéta sur les 1h du matin, sans que personne n'imagine pourquoi le lendemain, la mère de Manon annonce à celle-ci par téléphone qu'elle a reçu trois messages vocaux de Thierry la veille...
Premier message : « Bon Guillaume ça y'est je suis arrivé, je vous attends, bisous ».
Deuxième message :
« Bon Guillaume, vous faites quoi je vous attends toujours... ».

Dernier message : « Bon cette fois-ci ca commence à bien faire, on avait dit 0h30 donc vous vous bouger parce que sinon ça va être vite vu ! ».
        ... Manon ayant été la seule à avoir son téléphone portable lors de la soirée a donné son numéro aux parents de Guillaume, mais a malencontreusement donné celui de sa mère... Est-ce un acte prémédité pour profiter de la soirée jusqu'au bout ? Une inattention parmi tant d'autres ? Un acte de folie ? La gazette l'ignore encore... Ce qui est sûr, c'est que cette soirée aura chamboulé un quotidien bien trop calme, qui attend bien d'autres évènements.

        Quelques jours plus tard, Heugas ouvre les festivités à l'Estaque l'Escapade...

        SCOOP !
      Les charmes de Manon s'appliquent à tout âge ! Tentatrice accomplie, beaucoup ont comprit que le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est d'y céder, notamment un ancien surnommé Moumou, ayant la réputation du pervers du village :
- On s'entend bien tout les deux non ? Viens on va parler dehors, on s'entend pas avec la musique.
- Non, c'est bon je reste ici...
- Tu es charmante, j'ai flashé sur toi, tu pourrais être ma fille mais j'ai flashé sur toi.
- C'est gentil.

Ce qui est sûr, c'est que Manon ne risquait pas d'être tentée par sa
bedaine et son tee-shirt mouillé de transpiration. Le barman par contre...
- Laissez-moi faire ! Trois vodkas pomme s'il vous plait.
- Six euros.
- Un bisou ?
- Six euros d'abord !
- Bâtard !

C'est toujours humiliant ce genre de situation. C'est un coût dur, d'après notre tentatrice adorée qui réfléchit sur sa décision :
- Je regrette... Je reconnais que j'ai fait une erreur, je m'en veux, j'aurai du sortir avec Moumou et j'en subis... Les conséquences. [>]
        La mission est fortement compromise, mais au retour d'une pause pipi, tout chavire et change de tournure...
Hervé (un feutre à la main) : Oh putain, c'est les lyonnais ! [...] Bon ce soir j'ai de l'inspiration...
Guillaume : Non mais te sens pas obligé, ça va aller !
Hervé : Ah mais ça fait parti du jeu ! Puis ça part à l'eau. Regarde Clément il a carrément colorié sa dent ! [Rires]
Clément : Arrêtez de rire, j'ai plus aucune crédibilité auprès des filles maintenant !
       « Ici la voix, avis à tous les habitants. Vous ferez attention en cette nouvelle soirée à ne pas rentrer bourré si vous voulez revenir demain et après demain ! ». Ah non pardon, ça c'est le père de Guillaume. « Ici la voix, avis à tous les habitants. Vous avez trois soirées consécutives à écouler dans ce petit village d'Heugas. Vous devrez faire le plus de rencontres possibles. De plus, pour montrer combien vous vous êtes attachés à cette région et combien vous appréciez l'ambiance chaleureuse qui prouve la solidarité entre tous les habitants, vous devrez faire un effort pour vous accaparer l'accent basque. Si vous réussissez votre mission, vous aurez des tas de boissons offertes à la bodega, des briquets vous seront offerts, et vous vous verrez porter des foulards que l'on vous aura généreusement donné ». Des heures heureuses commencèrent. La journée, Guillaume, Manon et Adrien se racontaient la soirée de la veille - même s'ils l'avaient vécue ensemble - et le soir, ils remettaient ça ![...]
Clément : Mais vous habitez où exactement ?
Guillaume : En fait, on a un gite un peu plus loin qu'Heugas.
Adrien : Le domaine de Manos !
Guillaume : Tu vois le rond point plus loin ?
Clément : Le quoi ?
Guillaume : Ben le rond point.
Clément : Non mais c'est quoi cet accent, ici on dit « rond poé » !
Adrien et Guillaume : Roooond Poéé !
Clément : Voilà, ça y'est vous êtes d'Heugas !
Hervé : Mais non ils viennent du 6-9.
Adrien : On est des heugais !
[...]
Hervé : Bon allez, on boit quelques shooter et on monte à la bodega. On trinque ! Dans les yeux !
        Et tous ont levé leur verre au ciel, croisé le regard de chacun avant de boire cul sec les breuvages écœurant. La soirée avait démarré à cet instant même, sans n'en plus finir jusqu'à 6h du matin. C'est la toute dernière soirée, qui avait succédé aux deux autres, c'était la plus belle de toutes les soirées. Hervé complimentait Manon, Guillaume et Adrien pour leur sympathie. Il disait qu'aujourd'hui c'était rare. Et les autres trouvèrent cet instant très beau. Emotion, rires et No chocking ! « C'est ma bite d'aujourd'hui, c'est ma bite d'hier » (Manon), « Bon je te laisse, je vais à mon plan cul » (Carole)...
Manon : Hey oh ! Guillaume ! Hey oh ! Ah c'est chaud !
Adrien : Mais qu'est ce qu'elle fait ?
Hervé : Ah mais t'es dégueulasse !
      « A tous les habitants, la Voix considère que vous avez accomplis admirablement votre mission, chose promise, chose dû ». Manon a récupéré le foulard de Hervé, a harcelé Clément pour obtenir son tee-shirt, mais en vain. Adrien a collecté quelques briquets et Guillaume a également récolté le juste profit de cette mission en empochant un briquet et le foulard de Thibaud qu'il ne retrouvera jamais... L'apéro s'était achevé à 5h30, là ou commençait la dégustation d'une omelette matinale et savoureuse. Dans un tonneau, Manon trouve un épi de maïs :
Guillaume et Manon (instinctivement) : Avé la racine !!!!!!!!!
Manon : Oh une omelette ! (Puis à Guillaume) Tiens mon maïs ! (ils ramassent une assiette qui traine, puis une autre dans laquelle tombe la terre de l'épi de maïs, mais peut importe, il faut bien éponger)
Carole (en riant) : Mais tu arrête de manger comme une boulimique !
        Ce n'est que quelques minutes après que les trois Manon, Guillaume et Adrien s'en étaient retournés à leur domaine que personne ne connaissait, malgré les explications. Ils restèrent jusqu'au bout, et on ne remarquait parmi tous les villageois même les trois touristes de la première soirée, mais peut être trois heugais bien intégrés. Ils immortalisèrent quelques visages, pour ne pas les effacer, et on leur demanda de revenir l'année prochaine. Ce sont ces visages là. La Gazette rêvait de vous les présenter.

Remerciements

       ... à la serveuse de Saint Vincent de Tyrosse, aux guitous qui auront marqué notre chemin à travers les Landes, et particulièrement à notre pote de Saint Palais. Merci Hervé, Zoé la coccinelle, Clément, Carole, Moumou, Thibaud et Marc, tektobatard, Jacqueline ah non pardon, c'est du vin blanc, Big up à Chantal Saulut, à tous les participants au radio crochet, à Nono, à Mimi, à Noémie ! Merci à Adrien pour sa prestation plus remarquée que remarquable.

Merci Heugas, tout simplement.

       Une attention à mes deux piliers, Manon et Adrien, avec lesquels je partage des moments merveilleux depuis d'innombrables années. Le temps passe trop vite, et grâce à vous j'apprends à profiter de chaque instant. Le retour au quotidien morose est insupportable, mais j'espère vraiment qu'un jour on puisse remettre ça, un soir dans ce petit village, longer les falaises de Biarritz et frôler un rêve... Pour être heureux, encore une petite fois.

[>] Même si on ne l'aime pas vraiment...
[
>] Présage le Bien comme le Mal...
[
>] Complètement tarée, Mais on aime !
[
>] ... And I liked It !

La Gazette

Par Guill@ume - Publié dans : "La Gazette", Guillaume Perret (2008)
Dimanche 17 août 2008 7 17 /08 /Août /2008 22:33

Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires

La rumeur s’élève dans la brume matinale,

Et cette vie qui s’éveille dans sa boule de cristal…

A Adrien et Manon...

 

 

I

 

L’air sillonnait les murs. La rue était déserte. Guère plus que le reste du temps, cependant. Vous savez, ici bat, la vie n’est pas très mouvementée. On vit traverser sur le pont, un homme avançant tête baissée. Ses cheveux bruns s’allongeaient jusqu’à la nuque, frisés d’eux-mêmes en boucles légères, et reflétaient l’enfant qui avait cédé sa place à ce jeune homme. Le Rhône s’écoulait lentement. En aval, le barrage retenait une eau sombre, qui s’étalait en ligne droite, jusqu’à ce qu’une péniche vienne déchirer cette étendue plane. Une jeune femme parut à l’horizon. Il venait du centre, elle venait de nulle part. Elancée, vêtue d’un haut léger, elle marchait d’un pas lent et incertain.  Une désolante image de Bouvard et Pécuchet au XXIème siècle. Ils  se reconnurent alors, et leur présence respective leur fit instinctivement esquisser un sourire au coin des lèvres. Ils se saluèrent et s’appuyèrent sur la barrière du pont, au moment même où le bateau disparaissait sous leurs pieds, à quelques centimètres l’un de l’autre. La jeune femme poussait du bout des lèvres un léger sifflement. L’air sérieux de l’autre la frappa. Il froissait les habitudes. Mais il ne faut pas se fier aux habitudes. Elles cachent souvent bien des choses. Elles vous rongent souvent à l’intérieur, vous compressent le cœur et vous serrent la gorge à vous en priver de parole. Même les glandes lacrymales ne s’activent plus lorsqu’il suffirait d’un sanglot pour envoyer valser ces putains d’habitudes. Il y eut un long silence, et si long qu’il les inquiéta, jusqu’à ce que le garçon entame le dialogue :

- Je veux m’en aller. J’en ai marre, tu comprends. Je veux partir loin, loin de tout ça. J’en peux plus. Je ne peux plus attendre en me disant qu’un jour, c’est certain, j’aurai moi aussi ce que je veux. Parce que c’est faux. Il faudrait bousculer le quotidien pour qu’enfin je puisse avoir ce que je veux. Et je ne peux plus le bousculer ici.  

- Oui. Oui, moi aussi je me sens fatigué de cette monotonie.

- Je m’en irai bien dans la capitale, ou à Lyon, rien qu’à Lyon. La vie y serait tellement différente, répondit-il.

Leurs yeux erraient sur la largeur du Rhône, longeant la digue jusqu'à la cheminée d’une usine se dressant au loin. Le vent du midi s’éveilla doucement dans la vallée, venant caresser les joues soyeuses de la jeune femme, teintées de tâches de rousseur légèrement prononcées. L’air balayait ses cheveux, en bataille, que sa main vint remettre en ordre.

- L’été me paraît déjà si loin, reprit-il.

Elle lui prit la main pour le réconforter. Elle sait que cette fois-ci elle ne pourra plus lui dire « allez, soit patient encore quelques mois, et tu verras, après tu seras libre. Libre de faire ce que tu veux, ce que tu aimes. D’être avec qui tu veux, et avec la personne que tu aimes ». Il avait de plus en plus de mal à la croire, parce qu’au fond, ce qu’il attend – et ce que l’on attend tous – n’est que le commencement. L’inattendu. C’est ce qui change une vie.

« Serre-moi… Serre-moi s’il te plait, je veux m’enfuir. »  Elle le serra contre elle, de toutes ses forces. Les larmes chaudes s’imprégnaient dans le tissu fin de son tee-shirt. Il hurla, sans aucune retenue.

 

*

*  *

 

L’océan s’étendait à perte de vue. Au plus loin qu’on puisse le distinguer, il se confond presque avec le bleu d’un ciel parfait. Il y’avait une passerelle qui menait à un ilot, que trois touristes traversèrent ensemble. L’un d’entre eux prenait un peu d’avance, avec un pas hâtif lorsqu’il regardait le vide sous ses pieds, et les vagues se briser contre les rochers. De cet ilot, on prend un peu de recul, et non plus les pieds vraiment sur terre, on peut admirer le continent avec cette magnificence que révèle la lueur dans les yeux de tous les touristes. Biarritz, été 2008. A longer les hauteurs de la ville, on s’attarde admirativement sur ceux qui osent plonger sans se poser de questions de quelques dizaines de mètres de haut. Ce qui fut le plus époustouflant à regarder pour l’un d’entre eux, ce fut l’homme qui avait parcouru plusieurs kilomètres à la nage pour rejoindre un rocher au large de la côte. Il était épatant. La plage grouille de monde, d’enfants qui ne prennent le temps durant ces vacances que de construire des châteaux de sables, de courir dans les vagues. Les trois touristes y renoncent, et ajustant leur Wayfarer s’enfoncent dans le centre, pour quelques achats. Et lorsque le soleil quitte le zénith, et s’apprête à plonger dans l’océan, ils eurent une idée.

- On revient l’année prochaine !

- Mieux, on prend un appart’ ici. C’est vraiment le paradis.

Il y’a certains moment qui laissent derrière eux un goût d’éternité…

 

*

*  *

 

Lundi 22 septembre 2008. 11h06. Les heures de philosophie avant midi, c’est vraiment une torture. C’est une lutte impitoyable contre la faim, un combat contre les gargouillements indiscrets d’un estomac un peu capricieux. C’est ce que je ressentais bien souvent. Certains succombaient parfois à la voix mielleuse du professeur, à son récit de paroles si bien prononcé. Et puis, pour d’autres, philosophie rimait avec suicide collectif. Adrien cette année, avait pour la plus fidèle des camarades de classe, la prise électrique au pied de sa chaise. Souvent il se disait qu’elle pouvait être bien utile…

- Prend ma main, me dit Adrien, dans un dernier souffle.

- Emilie, lançai-je à mon tour, il est temps.

Elle prit ma main. Adrien me regarda une dernière fois. « Touché, grillé ».

Et ils rirent ensemble. Finalement ils remettront cette tentative à plus tard. Tout dépendra du sujet à travers lequel le professeur les emmènera.

 

*

*  *

 

La porte de l’appartement lyonnais s’ouvrit. Dans la pénombre de cette nuit chaude et humide, on entendit des clefs rebondir sur la table du salon. La lumière ne fut pas éclairée dans la pièce que deux amoureux fous avaient déjà traversé le couloir. Ils s’embrassaient langoureusement, avec toute la fougue de la jeunesse. Elle, elle avait des tas de projets. L’emmener sur un quai de la ville, s’asseoir en ronde, avec des inconnus, autour d’une bouteille de vodka qu’ils boiraient ensemble. Longer la rue de la République, s’arrêter dans tous les magasins pour ne pas dépenser son argent, mais plutôt celui de l’homme qu’elle aime. Mieux encore, aller à Paris, puisque tout comme lui, elle adorait Paris, traverser les Champs Elysées encombrées, le prendre par la main, grimper sur le capot de la plus belle voiture et l’embrasser. Monter à la cime de la Tour Eiffel, ce dont le courage lui  manquait encore, et hurler « je t’aime » si fort que les couples de Venise sentiraient une concurrence dans la romance de cette histoire. Elle voulait un chien. Un chien paresseux qui, lorsque vous lui faites un compliment, vous pulvérise d’un regard si triste qu’il semblerait rassembler toute la misère du monde, tandis que les oreilles ballantes, et la queue mouvante montreraient sa sérénité. Elle aurait voulu le baptiser Tequila, et un peu trop féminin à son goût, lui ferait plutôt graver « Socrate » autour du cou. Lui, il hésitait encore. Il avait eu, quelques années plus tôt, beaucoup de mal à s’imaginer l’absence du compagnon qui avait suivit sa croissance, l’envol de la créature la plus amicale qu’il n’aurait jamais plus. Il fit flamber la mèche d’une bougie, si bien que la flamme hisse le long du mur deux ombres enlacées. Dans l’air de cette nuit de début novembre 2010,  une rumeur qu’elle ignore encore sifflotait dans l’atmosphère torride.

 

*

*  *

 

Les deux amis marchaient lentement le long de la route, sans bruit, jusqu’au centre, lorsqu’un autre homme se proposa de les rejoindre, faisant naître dans leurs yeux une lueur, comme un souvenir qui leur revient. Il était tout en finesse, et sa maigre allure creusait ses joues teintée qui faisaient ressortir les contrastes de son visage. La présence de chacun d’entre eux les réconfortait. Ils allaient aisément ensemble. C’était pour eux, le plus important à ce jour. Le ciel était voilé de plusieurs gris, et plus le vent s’accélérait, plus il s’assombrissait, annonçant un nouvel orage. La rumeur confuse commençait à s’ébruiter dans cet air tiédasse.

Sur la place, un tourbillon de poussière amassait les feuilles mortes de l’automne. Du banc que les trois amis s’étaient accommodés, on guettait tout, ces quelques gens qui allaient et venaient, qui soit dit en passant vivaient, des anciens affaiblis dont le poids des années avait vouté le dos, des mamans qui allaient chercher leurs marmots qui pour midi ne mangeaient pas à la cantine devant le portail de l’école, des petites filles enfouies dans leur jupon.

- Tu as fait tes maths, demanda le dernier homme arrivé à l’autre.

- Non, j’arrive pas à m’y mettre. Puis cette année ne m’inspire vraiment pas. Ca fait à peine deux mois, et j’ai déjà envi de tout envoyer chier.

- Fait de la philo, ça ira mieux ! En plus, à ce que j’ai cru comprendre, on n’est pas obligé de faire le programme dans l’ordre ! C’est cool, hein ?

- Ah bon ? C’est bizarre, dit-il en riant.

Quelques pétasses débarquant du coin de la rue amenèrent les trois amis à parler des femmes. Un premier les déclara frivoles. L’autre les dit têtues. La jeune fille, quant à elle laissa s’échapper de façon un peu hargneuse un « acariâtre ».

- Malgré cela, elles sont souvent meilleures que les hommes », dit le garçon à la peau teintée.

- Quelquefois, elles sont pires, affirma l’autre. Enfin, il vaut mieux vivre sans elles… Etre célibataire, je veux dire, s’expliqua t-il.

Mais la solitude à la longue était bien triste...

- L’amour, c’est comme une cigarette, ajouta t-il, faisant ainsi, de son briquet consumer le tabac.

Bientôt, la jeune femme lui réclama la clope. C’est vrai, à cet âge là – le premier garçon marchait sur ses 17 ans, les autres étaient plus âgés –  on  frime, on est insouciant et on se croit éternel. Mais on meurt toujours un peu plus chaque jour, à chaque cigarette.

Pas un bruit, pas un sifflement d’oiseau, ni même un bourdonnement d’insecte. C’est comme si l’aiguille du clocher s’était échappée hors du cadran. Le plus solitaire des deux hommes rêvassait, songeait à la vanité de son existence, à ses dettes, à sa réputation perdue si... Il était souvent méditatif. Mais au lieu de se plaindre, il se questionnait. Il rêvassait. Pourquoi telle particularité, telle imperfection indifférente ou inhumaine dans un corps enchanterait-elle dans un autre ?

 

II

 



Quel battement de cœur, lorsque la porte de la chambre fut close. Sur un vieux tourne disque, l’homme fit résonner un air doux. Il le trouvait très beau, ce tourne disque. Tout ce qui se rapportait à elle, il le trouvait beau, et par-dessus tout cet aspect sixties qu’elle se donnait. Il prit sa bien aimée par la main, l’entraîna dans ses bras, ses mains vinrent se glisser dans le creux de ses reins. Il fixait, dans le plus profond de l’iris, le miroitement de la bougie. Leur regard s’imprégnait l’un dans l’autre. Dans les yeux de la précieuse dame, la flamme grandissante disait les mots qu’elle ne prononçait pas. Le long du front de l’autre perle une goutte de sueur défilant le long du visage, jusqu’au menton avant de s’écraser sur le plancher. Il ne manquait à cette idylle que la hardiesse de l’homme. Il était gauche dans cet amour là. Il enleva sa chemise. De son torse, la jeune femme sentit émaner une tiède senteur, qui lui chauffa les joues. Il toucha des lèvres sa nuque cachée sous des cheveux longs et ordonnés. Elle se retint de mordre dans cette chair si savoureuse, comme on croquerait dans un fruit défendu. L’homme tremblait, un frisson se fit ressentir jusqu’à la moelle de ses os.

- Je… Il faut que je te parle de quelque chose…

Indifférente à ses propos, elle enleva sa ceinture, laissant glisser son jean Levis. Il prit alors brusquement sa main, et leur regard s’affrontèrent, de nouveau.

- Attends !

L’air s’immobilisa, la flamme de la bougie s’amenuisa.

 

*

*  *

 

Le crépuscule commençait à s’abattre sur la place du village. Les passants devinrent encore moins nombreux, les voitures se faisaient plus rares et les commerces avaient déjà fermé leurs portes. Huit heures sonnèrent. Mais les paroles des trois amis coulaient intarissablement, les remarques subtiles succédant aux anecdotes, et les envolées philosophiques aux considérations individuelles. Le plus maigre des deux hommes avait rebaptisé cette place « la place de la critique ». Oui, tous trois avaient toujours aimé se moquer jusqu’au moindre détail de tout ce qui se présentait sous leur nez. Jamais avec grande méchanceté, sauf lorsque la victime était détestée. Là, ils dénigrèrent le paysage, les façades noircies par l’air infect, les chaussées abimées, les commerces, notre mode de vie et tout le genre humain. Ils évoquèrent des souvenirs. Et chacun, en écoutant les propos y reflétait un moment précis de sa vie, un souvenir lointain enfoui, parfois oublié. Leur relation semblait une belle aventure. Dès leur rencontre, ils s’étaient accrochés à des fibres secrètes.

- Je me souviens j’avais une carte Pikachu brillante, super rare, commença le plus jeune des deux garçons.

- Moi, les cartes Pokémon j’en n’ai jamais acheté. Mais bizarrement je me suis retrouvé quelques jours plus tard avec une pile de plus de cinquante cartes.

- T’arnaquais les petits !

- …

- Ouais, comme avec les billes d’ailleurs. Les « goulous », rajouta la jeune femme,  mais le mieux, c’était vraiment à la cantine…

L’autre garçon, lui, n’avait jamais mangé à la cantine. Il n’avait pas participé à tous ces récits de paroles, mais se régalait de les écouter. Alors les deux autres lui firent une nouvelle fois l’éloge de quelques situations fabuleuses qui ponctuèrent leurs repas, quand ce n’étais pas une fourchette plantée dans un postérieur, ou une verrue hideuse avalée sous le regard passif des autres, quand ce n’était autre que les hurlements de colère de Josiasse la Grosse Poufiasse, qui ne voyait plus le bout de sa colères envers ces deux là… Chaque jour, sa grand-mère venait le chercher à la sortie de l’école, et lui préparait des bons petits plats, vous savez, ceux qui sont plein de beurre ! Il les adorait. Mais de son côté, il ne la trouvait pas si méchante cette Josie.

- La partie de foot en CM2, vous vous souvenez, dit-il, en s’adressant à son ami, quand on était trois dans les cages, tu avais fait un magnifique arrêt et Cul d’Ail avait tiré une mine contre son camp !

Cette remarque provoqua un rire collectif. Il y eut un temps qui vint rompre cet échange, durant lequel chacun tentait de ses remémorait tout ce qui avait été dit. Les souvenirs sont si bons à raconter, encore plus à écouter. C’est ce qui emplit une vie. Mais peu à peu, les sourires s’effacèrent de leur visage.

- La belle époque, ajouta-t-il. Mais le plus difficile à supporter dans cette vie, c’est de se trouver obligé de bouffer à longueur de journée le bonheur des autres.

 

*

*  *

 

- « L’homme, c’est un roseau pensant », comme l’affirme la démarche pascalienne.

Ca y’est, le prof est parti pour parler intarissablement pendant une heure. 11h11. Il faut faire un vœu, paraît-il. Le vœu que l’alarme incendie retentisse. Ou bien que midi sonne enfin, que je plis mes cliques et mes claques, que je cours jusqu’à la cantine pour manger. Dans mon esprit, un poulet rôti se dessine, et j’en sentirai presque l’odeur s’en émaner. Ou encore, le vœu d’une vie meilleure. Une vie rêvée. Une vie volée parce qu’après tout, la vie des autres est toujours plus belle que la notre. Echapper à la réalité, et s’enfuir. Courir après cette vie…

- Putain, je vais m’endormir, lance Adrien.

Pour plus tard, cette vie là. Je me le promets.

- A la différence des autres, poursuit le prof, l’Homme est doté de ce savoir quelque peu particulier. Il sait qu’il est voué à disparaître. C’est un savoir lucide. Un savoir clair, celui de notre propre mort. Nous ne traversons pas aveuglément notre existence. Cette mort n’est peut être pas imminente, certes. Mais elle est. Et nous le savons. En cela, peut être que n’importe quelle autre espèce, n’importe quel animal est finalement plus heureux que nous. Il ne se souci pas de savoir s’il mourra un jour. Mais au fond, le plus blessant ce n’est pas le fait même de savoir que nous disparaitrons tôt au tard. C’est de se dire qu’il y a eut un monde avant, et qu’il y’en aura un après. Parce que sans nous, le monde continuera. Est-ce possible d’envisager ce monde ? 

11h37. Le prof jette un regard sur chacun d’entre nous, sur moi. Il esquisse un léger sourire. C’est ce sourire qui montre qu’il est fier de sa phrase si brillamment élaborée. Mais moi, je ne souris pas vraiment. Je me reflète dans cette phrase. Tout est tellement vrai.

- Bon ben demain je propose qu’on aille s’acheter un cercueil, dit Adrien, en brisant le silence.

 

*

*  *

 

Il se traina sur le sol, jusqu'à elle, jusqu’à ses genoux. Il paraissait si pathétique... Et comme il la regardait de bas en haut, dans son plus profond sanglot, les paupières rougies, une exaspération le prit. Elle le repoussa, recula. La mâchoire serrée, et les prunelles de ses beaux yeux éteintes, elle s’immobilisa. Un calme pesant régna quelques instants. Son regard transperça l’homme nu qui pleurait devant elle. Il s’était dévoilé corps et âme, avait affronté sa pudeur, en toute confiance et en toute intimité. Mais elle s’en moquait, maintenant qu’elle savait, elle aussi.

- Je vais sortir… Je vais sortir de cet appartement, marcher un peu. Je m’arrêterai dans un bar et je demanderai un double scotch. Un autre. Puis encore un autre. Je finirai probablement ivre. Mais peut être bien qu’un beau jeune homme viendra me demander si le siège à côté de celui sur lequel je serai assise est libre, et je lui répondrai, en regardant mon verre à nouveau vide, que oui. Maintenant il est libre.

- S’il te plait, je... Comprend moi…

- Peut être même que quand il s’apercevra que mes yeux commencent à être vitreux, et mes pupilles dilatées, il me proposera de me raccompagner. Ca serait vraiment gentil. Et quand j’ouvrirai cette porte, quand j’entrerai dans cet appartement, quand je m’allongerai dans mon lit, tu ne seras plus là.

Les yeux du jeune homme se noyèrent dans un bain de pleures. Il avait rêvait l’amour. Il avait envié ce moment où enfin, il pourrait le sentir contre lui, l’inspirer, s’en enivrer comme on le ferait avec un double scotch. Ce n’était pas la découverte d’un monde nouveau et merveilleux tel que le décrivaient tous les autres, avec toutes les lueurs éblouissantes, des floraisons désordonnées, des océans, des trésors. Mais pour lui, ce monde représentait les abîmes d’une profondeur infinie duquel se dégageait un effroi épouvantable.

- Tu sais, je ne t’en veux pas. Quelque part, il existe, lança la jeune femme.

- Qui ?

- L’amour que tu recherches.

- Il me semblait l’avoir trouvé…

- Non, répondit-elle en riant maladroitement, je ne crois pas être la bonne personne… Mais je t’aime, malgré tout. Au revoir.

La porte claqua. Elle était partie, et à cet instant précis il comprit qu’elle avait raison, mais à défaut de ce qu’il est vraiment, il était seul à nouveau. Il se remit à pleurer comme un gamin, les larmes se déversèrent intarissablement sur le sol. Il se mit à frapper du poing le carreau, en hurlant, crachant sa vie incomprise. Soudain, un fracas répétitif lui répondit. Le voisin du dessous donnait des coups de ballais dans le plafond.

- C’est pas bientôt fini, oui ! On n’est pas à la campagne ici ! Et on aimerait bien dormir.

Il resta les deux heures qui suivirent à écouter le silence, à lutter contre la froideur de la nuit, à réfléchir, son corps nu comme un sauvage aligné devant l’entrée. A quoi bon faire semblant. Ce qu’il attendait n’était que le commencement. Un nouveau départ, c’est ce qui change une vie. Alors il est temps.


 

III

 

La jeune femme rentra le lendemain matin, les yeux cernés, supportant une douleur au crâne. Elle avait bu au total quatorze doubles scotchs avant qu’un beau jeune homme vienne ne lui demander si le siège à côté duquel elle était assise était libre. Il ne se proposa pas de la raccompagner chez elle, elle s’invita chez lui. Son appartement était vide. Elle prit un café, en regardant longuement à travers la fenêtre au coin de la rue. A l’horizon, de l’autre côté de la ville, les colocataires du jeune homme l’attendaient au bas de l’immeuble, pour fumer la « clope du matin ». Mais il ne vint pas. Il ne vint pas non plus le lendemain. Il manquait à l’appel de Sciences Po. Ses parents firent sonner son portable des centaines de fois dans les quelques jours qui suivirent. Des tas de messages au ton inquiet. La vie devint un désœuvrement plus aigu chaque jour pour tout le monde. Aucune nouvelle de l’étudiant, de l’ami et de l’amoureux. Des personnes furent scandalisées… Vous savez, on cache tous quelque chose en nous. Mais la rumeur qu’on fera courir, sera-t-elle refléter le plus profond d’une âme… ?

 

*

*  *

 

- Cette mort qui nous attend, ne donne-t-elle pas une signification à notre existence ? Quitte à mourir demain, pourquoi ne pas donner un sens à notre vie. Prendre cette direction plutôt que celle-ci. Avoir une vie meilleure, la vie rêvée. Que sais-je ? La mort n’est finalement qu’une indication sur notre direction à prendre dans cette vie.

- C’est le début du reste de notre vie, n’est-ce pas Emilie ? Prononçai-je en songeant, c’est fini les prises électriques. On y met du scotch dessus.

 

*

*  *

 

La nuit est tombée très vite. Les vieux amis levèrent les yeux au ciel, pour constater le tumulte qui s’y prépare. L’orage gronde. L’été a bel et bien foutu le camp… Ils s’embrassent avant de se quitter. Le plus jeunes des deux hommes se dirige vers le sud, l’autre vers l’est. La femme, quant à elle s’en va vers l’ouest. Pas de soirée prévue ce soir. Et rien d’intéressant à la télé.

 

EPILOGUE

 

L’air froid de cette fin de Novembre 2010 sillonnait les falaises. Les rues étaient plus désertes qu’en cet été 2008, mais Biarritz, même à l’aube de l’hiver conserve tous ses charmes. Les rayons du soleil perçaient les cumulus, et se jetaient dans l’océan. De la plage, on vit un homme descendre les marches. Ses pas étaient lourds. Ils supportaient le poids du passé et laissaient dans le sable une longue trace continue. Il s’assit et prit entre ses mains le sable lisse et frai. Il fixait l’horizon, et ne pensait plus à rien, quelques minutes durant. Il posa sur son nez des Wayfarer, puis en constatant qu’il était tout seul sur cette plage, il se mit à rire aux éclats. Qui aurait bien pu avoir l’idée de venir s’asseoir sur une plage à la fin d’un mois de novembre ?! Il réalisa l’absurdité de la situation. Il avait tout plaqué, il n’avait plus rien, était arrivé jusqu’ici par ses propres moyens, plusieurs jours durant. Et il riait, en réalisant que lui était offerte la chance de commencer une nouvelle vie. Une seconde chance de reconsidérer toutes les premières chances de trop. Soudain, il se leva, quitta ses chaussures et se dévêtit presque entièrement. L’eau vint caresser ses pieds, le faisant grincer des dents. Il avança dans l’étendue vaste et plongea sans réfléchir. Et puis il nagea pour rejoindre un rocher à plus d’un kilomètre de la côte.

La route est encore longue après l’océan.

A SUIVRE…

Par Guill@ume - Publié dans : "Les Chimères", Gerard De Nerval (1854)
Mardi 14 octobre 2008 2 14 /10 /Oct /2008 21:33

Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

There Won't Be Trumpets... Le jour n'était pas encore levé quand la lumière du garage vint brusquement éclaircir cette pénombre des petits matins. Il ouvrit tout d'abord un œil. Puis l'autre. Il distingua papa qui s'apprêtait à charger son camion. D'un bond il se leva ! Il savait que dans peu de temps, on lui servirait le petit déjeuné - bon ou non, ce n'est l'important - avant quoi il retournerait se blottir sur sa couverture... Un peu plus tard, c'est maman qui troublera son sommeil. Si elle crut une minute qu'il se lèverait rien que par politesse, elle rêvait ! Il ne le ferait pas non plus pour moi, ce gros tas ! Il aurait voulu détruire l'express de papa quand celle-ci démarra, car il détestait l'odeur de l'essence. Et il était seul à présent, maître des lieux. Il exécrait ce type là, celui qui portait l'uniforme et venait gratter chaque jour la grosse boîte devant le portail. Mais qu'est-ce qu'il nous veut ? C'était la seule menace dont il voulait nous préserver. Il se promenait de temps à autres, se roulait par terre avant de se secouer. Il courait, à l'affut d'un os enterré, d'une balle ou d'autre chose, prêt à s'amuser comme il le fait depuis tout petit. Quand il pète, il me regarde ! Et comme il sait que ce n'est pas moi, il regarde son derrière. Il devinait tout le temps quand je me foutais de sa gueule, alors il me donnait des coups de museau ! Il aboyait souvent après la tondeuse, il n'avait pas vraiment confiance en cet engin.

Il a ce regarde négligé, comme s'il se foutait de tout. Ce reflet de tristesse dans l'iris ne disparaissait jamais. Pourtant tout était tellement simple. Il n'y avait pas toute cette merde que subissent ou s'imposent les autres êtres, ceux qui marchent sur deux pattes. Parce qu'eux ont un esprit tellement développé qu'il les tire vers le ciel. Et pourtant ils sont toujours au plus bas, face contre terre, et parfois même six pieds en dessous. Leur regard était presque plus pessimiste que le sien.

Lui ne se souciait pas des gens, du temps qui passe, de savoir ce qu'il deviendra et pourquoi ci. Pourquoi ça. Néanmoins pour nous autres, le temps prend plaisir à se moquer de nous. Même pour les plus forts d'entre nous, il s'amuse à nous jouer des tours. Il ralentit, fait du sur-place, jusqu'à s'arrêter brusquement, nous laissant figés, impuissant, incapables de prendre une direction ou une autre... Le temps file. Le temps n'attend personne. Le temps guérie toutes les blessures. Nous, nous voulons toujours plus de temps. Du temps pour se relever, du temps pour grandir, pour compter ton temps à toi, mon Ortax. Du temps pour lâcher prise. Encore un petit peu de temps à côté de toi.

Du temps...


Par Guill@ume - Publié dans : "L'Education Sentimentale", G. Flaubert (1869)
Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 18:15

Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

. Edito *


.
Créé le
20 Octobre 2006.
.
63 Articles.
.
258 Commentaires.
.
Mis à Jour le
11 Janvier
.

             Chers lecteurs, chères lectrices,


          Tout d'abord, je tiens à vous souhaiter une bonne année, une bonne santé - ne fumez pas (trop), buvez modérément mais profitez avec excès - et du bonheur, avant tout. Du rêve. Je vous le souhaite car pour être heureux, il faut rêver. Mais ce bonheur, qui est si difficile à trouver, et qui se cache derrière ces murs infranchissables, j'espère de tout coeur que vous l'accaparerez. Avec cela, parait-il, on peut relativiser, toujours aller de l'avant... Il parait. Je ne peux pas vous le confirmer, car il ne me semble pas en avoir fait la réelle expérience jusque là. Alors je me le souhaite aussi, d'être heureux pour cette nouvelle année. Mais mon horoscope, même mon horoscope ne semble pas vouloir m'accorder ce désir avant 2010...

          Néanmoins, du gris pour ce blog, pour ces tristes jours, froids et amers. Ces jours d'un hiver qui s'annoncent rigoureux, qui rongent, qui tuent les plus démunis. Les six articles qui s'affichent sur la première page sont susceptibles d'être modifiés régulièrement, et cette petite « innovation procédé » permettra de revisiter mon blog plus souvent, ne plus le laisser éteint de longues semaines. En revanche, pour les articles ordinaires, il faudra vous rendre à la dernière page. L'article sur Paris viendra. Mais il viendra à point à qui sait attendre. Alors patience...

           Pour le reste, je lègue à votre charge le soin de lire mes écrits, et - sans vous y obliger, quoi que - en laisser des avis.


Bonne Visite.

GuePeu.


. L'artiste *


A second chance
To see every first.

First life lost. First step. First smile. First cut. First hurt. First shift flying solo. First mistakes. First secret. First vision loss. First encounter.

See it from
The beginning.

First time they knew. First love. First dream. First boss. First reprimand. First time patient. First time we met. First coffee. First cigarette. First kiss.

My story
Is on lifetime.


 

. Rockstar *

    I'm through with standing in line to clubs we'll never get in. This life hasn't turned out quite the way I want it to be. I want a brand new house, a bathroom I can play baseball in and a king size tub big enough for ten plus me. I want a new tour bus full of old guitars, my own star on Hollywood Boulevard. I need a credit card that's got no limit and a big black jet with a bedroom in it to join the mile high club at  thirty-seven thousand feet. I wanna be great like Elvis without the tassels, hire eight body guards that love to beat up assholes, sign a couple autographs, so I can eat my meals for free. I'm gonna dress my ass with the latest fashion, get a front door key to the Playboy mansion, gonna date a centerfold that loves to blow my money for me. I'm gonna sing those songs that offend the censors, get washed-up singers writing all my songs, lip sync em every night so I don't get'em wrong
    I'm gonna
trade this life for fortune and fame. I'd even cut my hair and change my name.
    'Cause we all just wanna be
big rockstars and live in hilltop busses driving fifteen cars. The girls come easy and the drugs come cheap. We'll all stay skinny 'cause we just won't eat and we'll hang out in the coolest bars, in the VIP, with the movie stars. Every good gold diggers  gonna wind up there, every Playboy bunny with her bleach  blond hair. And we'll hide out in the private rooms. They'll get you anything with that evil smile. Everybody's got a drug dealer on speed dial. . .

    Hey, Hey
I wanna be a

R.O.C.K.S.T.A.R
[>]
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus