. . . . . . . ...8h00...
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Il fait sombre.
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. . . . . . ...9h00... . . . .
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Matin glacial de la fin de l’été qui m’offre comme à son habitude une tasse de café à travers laquelle j’ausculte la noirceur qui apaisera les brûlures que m’inflige le soleil. Et tout est si
clair. Si clair que je n’arrive pas à ouvrir mes yeux. Si clair que mon esprit ne parvient pas à dessiner les formes qu’il souhaite car en effet, la pénombre que nous offre les nuits arrosées du souffle qui maintient en vie la vie, nous permet d’animer les si beaux visages qui nous échappent
toujours. Merde, le café est froid…
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. . . . . . ...10h00 ... . . .
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Pour vivre heureux, vivons cachés… Probable, je dirais même possible…
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. . . . . ...11h00... . . . .
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Qu’est ce que je fais là ? Je ne devrais pas être là, mais pourquoi on m’a collé sur cette chaise devant un
ordinateur ? Pourquoi Je suis là ? Et pourquoi il fait si chaud et pourquoi j’ai jamais rien à dire que toutes ces conneries alors que je ne fais que penser ?! Qu’est ce que je
veux ? Pourquoi les gens me regardent parfois, et pourquoi d’autres jours ils m’oublient ? Pourquoi je vis dans l’ignorance ?
C’est quoi d’abord ? When you’re gone, the pieces of my heart are missing you… I miss you. Mon Coeur? Pour qui tu bas dis le moi ! Pourquoi tu ne t’arrêtes jamais de battre ? Pourquoi je ne ris plus ? Pourquoi je ne respire plus ?
Mais pourquoi tu ne t’arrêtes jamais de battre ? Et si je disparais, combien de temps tu mettras pour t’en apercevoir ? Est-ce que tu pleureras autant que je pleure pour toi ? Et
d’abord, pourquoi je pleure ? Je ne sais même pas… Peut être que je serais plus heureux, à nouveau…
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. . . . . ...12h00... . . . . .
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C’est pas ici ma vie, mais c’est mieux que rien…
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. . . . . . . ...13h00 ... . . .
. . . .
Un précipice. Est-ce qu’on en voit le bout ? Non, répondent mes yeux, seulement quand on touche le fond ! Ah
bon ?
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. . . . . . ...14h00... . . . . .
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Cher amour,
J’espère que tu te portes bien et que ce que tu accomplis chaque jour te récompensera de ce rêve d’enfant auquel tu
t’accroches tant. Poursuis ta vie ainsi, continue de voler de tes propres ailes quand les miennes se rompent sous le poids de ce monde de solitude qui s’est
formé autour de moi, ou soient brûlées par les rayons du soleil quand le zénith s’abat. Marche vers ta gloire, sans te préoccuper de derrière. Ne reste pas bloqué comme je le suis. Mais sache que
je le suis parce que je le veux bien quelque pars… Dieu sait combien nous aurions été heureux que le train qui te mena vers l’avenir démarre sous ton regard impuissant ! Le lendemain, on
disait que tu avait prit ton envol hier, le surlendemain, que tu avais prit ton envol avant-hier. Après plus personne n’a rien dit, beaucoup n’y pensait plus.
Mais tu hantes mon cœur. Et je me réconforte en me disant que chaque jour qui s’écoule nous rapproche de l’instant où l’on se retrouvera quelque part, je ne sais trop où encore… En attendant, je
pense qu’il sera étrange de nous découvrir, mon train et moi, chacun ayant glissé de son lit pour cause de t’avoir trop attendu, ou trop aimé.
. . . . . . . ...15h00... . . .
. . . .
Gare à l’ataxie ! - Pardon ?
. . . .
. . . ...16h00... . . . . . . .
Mothée, Mothée, c’est l’heure du goûter ! Youpi ! Y’a des
produits pharmaceutiques dans le meuble du WC. Bon appétit ! Merci, toi aussi ! Mais qui es-tu ?
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. . . . . . ...17h00... . . .
. . . .
J’ai une idée !!! Si tu me donnais une pièce pour chacune des pensées que je t’accorde, à chaque fois que j’ai pensé
à toi, à nous, à ces pétales que ton sourire lumineux avait déposé soigneusement sur mon cœur l’en ayant privé d’air ? Oui, et si tu me donnais une pièce pour chacune des larmes que j’ai
versé pour toi, en guise de la richesse que je n’ai jamais eu…
. . . . . . . ...18h00 ... .
. . . . . .
Sur les ailes du temps qui court, mon plaisir s’en va et mon désir s’en vient…
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. . . . . . ...19h00... . .
. . . .
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La nuit semble si loin maintenant…
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. . . . . . ...20h00... . . .
. . . .
Confusion mentale… Vous avez dit ataxie ? Je ne me rappelle pas… 1,
2, 3, j’irais dans les bois, 4, 5, 6, et le loup me mangera… 7, 8, 9, Pourtant ce n’est plus
l’heure du goûter… En cas de doute, demandez l’avis de votre médecin…
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. . . . . . ...21h00... . . . .
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Un homme est malheureux quand il a besoin des autres. Mon cœur est malheureux, il a besoin de toi… Il a mal, toujours…
Toujours mal. Il doute, il souffre, il a mal, toujours… Il y’a des produits pharmaceutiques dans le meuble du WC. J’ouvre la porte.
« Entre, je t’attendais ! Enlève ton tee-shirt, je vais t’ausculter, on va bien voir d’où vient ta
douleur ! »
« Qui êtes vous ? Et qu’est ce que je fais là ? Vous n’auriez pas vu les chiottes par hasard ? »
« Tu satisferas tes besoins plus tard, allonge toi. On n’a pas beaucoup de temps… »
« Quoi ? »
« Tu as du mal à respirer ? »
« Oui, ça doit être l’angoisse. »
« Tes membres sont lourds ? »
« C’est du plomb ! »
« Tu transpires ? »
« Non ! »
« Regarde la lumière. » Mes yeux ne résistèrent pas à
l’affront de l’éblouissement, mes paupières se plissèrent. « Ca a commencé… »
« Quoi ? Qu’est ce qui a commencé ? »
« L’ataxie… » Le médecin inconnu portait un masque qui m’empêchait de lui attribuer un nom, ni même de lui dessiner un visage,
un sentiment de compassion à la naissance des lèvres… Mais tout se floue. Tout se bouscule. Je perds mes sens, ma vue se trouble et les mots que j’entends se mélangent… Tout à coup, je pu
distinguer le son strident d’un scalpel, un bistouri aiguisé qui vint se planter sur mon torse !
« Tout ça n’est pas réel ! Vous n’êtes pas réel, Vous vous croyez tourner dans Grey’s Anatomy mais vous vous y connaissez
rien. » Je ne pu ajouter un mot, juste un cri de souffrance.
« Si tout ça n’est rien, pourquoi tu as mal ? »
Sur le sol coule un étrange liquide qui donne naissance quelques centimètres plus loin à une flaque pourpre. Elle me tend le reflet de la bien curieuse opération dont je suis victime. Le
chirurgien, qui semblait se satisfaire de cette expérience, ne portait aucun gants. Ses mains semblaient propres et soignées, les ongles bien taillés dans une peau soyeuse, un peu mate. Ces mains
n’avaient pas besoin de se recouvrir de gants. Ces mains appartiennent à une femmes, elles sont seines et dotées d’une certaine habileté, mais non une habileté de chirurgien… Je repris :
« Je ne peux plus bouger, je… Je n’arrive plus… Qu’est ce que vous avez fait ?! »
« Vous n’avez rien à craindre, c’est … Normal ! » La femme diabolique déposa le bistouri sur la table et prit entre ses
mains désormais tachées, le bocal poussiéreux contenant une pomme rouge sang tourmentée, transpercé d’une plume que contenait mon corps.
« Qu’est ce que c’est que ça ? » ai-je lancé.
« Vois-tu, Guillaume, ta course à l’instinct s’est interrompu à l’instant ou j’ai pris, comment tu dis… Le train de
l’avenir ? »
« J’aurais du m’en douter… »
« Tu as emprisonné ton cœur parce que tu l’as voulu, Tu as cessé de vivre ! Tu dois réparer tes propres erreurs, mais tu t’y refuses,
tu t’obstines à croire et espérer et c’est bien là ton problème, tu crois, tu espères, tu penses… Mais qui pourrait bien vouloir croquer une pomme qui se flétrie et qui se laisse dévorer par
l’écriture de choses qui n’ont ni queue ni tête ! Tu es faible, voilà ton problème ! »
Le bocal fut alors jeté au sol, se brisant subitement sous les menaces de la colère… La pomme roula le long des bouts de vie brisée, laissant derrière elle à nouveau ce liquide pourpre. Mais ce
n’est pas du sang, seulement des larmes que l’encre rouge du cœur s’est chargée de teinter…
Un battement de cil. Tout a disparu, laissant pour seul souvenir un souffle
accéléré, une larme qui perle, un cœur qui s’empresse de trouver les produits pharmaceutiques adaptés, et une goutte de transpiration qui vint s’éclater sur le
carreau…
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. . . . . . ...22h00 ... . . . . .
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Troubles psychiques…
¤ ¤
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23h00 ¤
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Un jour pour une éternité. C’est inquiétant comme le temps peut s’envoler si vite puis vous dévorer, vous délecter et
vous tuer avec un plaisir constant si lentement…
Y’a le plafond qui me regarde… Bizarre. Un faux plafond ? Un mensonge ? Un mensonge qui s’installe quand le ciel s’éteint, et que je commence à
mettre des faux cils à vos yeux, pour un regard plus profond…
¤ ¤
¤ 23h01 ¤
¤ ¤ ¤
¤ ¤
Je cherche l'ombre, pour danser avec toi mon amour
Sur ces musiques anciennes qui reviennent en mémoire
Quand le soleil s'éteint et que revient le soir
Il fait noir. Il n’y a pas un mot, pas un bruit, juste le battement d’un cœur
trop rattaché à l’impossible. Alors le rideau s’ouvre. Alors on me regarde. Alors on m’acclame. Et le temps s’arrête. Tout se fige. Une petite fille survenue de nulle part me prend la main en
souriant. Il n’y a rien de plus attendrissant que le murmure d’un enfant dans votre oreille, le souffle doux qui caresse ma joue.
« Vous êtes encore plus beau dans la vraie vie ! » me dit-elle.
« Tu ne devrait pas être là. » ai-je répondu.
Tout disparaît. Le temps encore nous joue des tours. Il se moque de tout, il contrôle tout ce qui fait de nous des humains. Il fait naître l’espoir, nous
accable de désespoir, fait régner la paix et déclare la guerre. Il vous fait sourire et me fait pleurer. Il se moque de moi…
Je cherche l'ombre, pour nous mettre à l'abri mon amour
Pour découvrir ton corps, loin de toute lumière
Et pour t'aimer encore comme une étrangère
Ce n’était plus des projecteurs multicolores. Ce n’était plus l’immense scène sur laquelle mes racines se plantaient dans
le sol, mais un avion accroché à un manège, dans laquelle s’égaie une petite fille, cette même petite fille. Elle est belle, avec sa queue de cheval, ses pommettes et ses yeux qui pétillent.
Elle me regarde à peine. Et plus je la vois tourner, plus elle grandit. Plus elle grandit, plus elle est belle. Ce n’est pas un crime de désirer. J’adorerais monter dans l’avion avec elle, et je
laisserais le monde à cette médiocrité qui le rassure. Dans sa cabine, le forain fait teinter la clochette. Tous s’amusent. Moi, je regarde, j’attends. Parce qu’attendre ne coûte rien.
Quel est le prix à payer pour qu’elle m’emmène jusqu’aux étoiles ?
Je cherche l'ombre, pour éteindre le feu mon amour
Qui dévore mon âme et brûle dans mes veines
De ce désir infâme qui en moi se déchaîne
« Je hais ces gens qui rient de rien et s’amusent de tous. » alors ai-je lancé à voix inaudible. Le manège
s’arrête. La magnifique créature alors se rapproche, me prend la main.
« Alors tu me hais ? » me demanda t-elle.
La réponse fut marquée par un air timide et gêné.
« La haine trouble la vie »
« L’amour la rend harmonieuse. »
« La haine obscurcit la vie. »
« L’amour la rend lumineuse » ripostai-je.
Alors on s’embrassa langoureusement. Et le temps s’arrête. Tout se fige, le temps de ce baiser si mystérieux. Enfin nos regards osèrent se croiser.
« Je t’aime. » accorda la jolie jeune femme.
« Je te hais. »
Je cherche l'ombre, pour pleurer avec toi mon amour
Sur cette vie trop courte qui file entre nos doigts
Et qui mange les jours en m'éloignant de toi
Ainsi se referme notre histoire. Sur tes sourires et sur – surtout – tes absences. J’entends encore glisser tes mains sur
le piano de ces quatre derniers mois. Je t’avais cherché partout, même ailleurs. Je t’avais trouvé. Ta chair aurait pu être ma chair. De ta moitié j’avais inventé des promesses, je t’avais pour
mes demains. Je sais désormais que mes rêves les plus fous, mes pensées les plus profondes s’inscrivent à l’encre du cœur dans les phrases que je t’invente. J’ai vécu dans l’avenir de mon esprit
où les souvenirs de notre amour se forment à deux, à l’abri de tout.
J’ai soupçonné ce que jamais tu ne me donneras. J’ai imaginé un temps qui se fige en ta présence, où chaque seconde est plus excitante que la vie entière que je mènerai sans toi, un monde que
nous aurions construit ensemble.
Tu es entré dans ma vie comme on entre en été. Tu en es sorti comme on sort d’un profond sommeil. Je t’ai aimé bien plus
que tu n’aurais pu l’imaginer. Je t’ai aimé à te haïr. Et aujourd’hui, je ne ressens rien. Plus aucune émotion jusqu’au jour où surgiront les regrets, la colère et la passion. Ainsi se referme
mon histoire…
Je cherche l'ombre, comme on cherche un ami mon amour
Qui nous prendra la main, sans larmes, sans chagrin
Pour nous conduire ailleurs, cacher notre bonheur
¤
¤ ¤ ¤ ¤
¤ 07h59 ¤
¤ ¤
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Des cris hystériques. On hurle incessamment mon prénom. Mon cœur frappe de plus en plus fort, repensant au passé. Alors
le rideau se ferme. Et le temps s’arrête. Tout se fige. Les lumières m’arrosent de gloire, et me poursuivent jusqu’en coulisse. A travers le miroir, je me souris. Je commence à avoir des cheveux
blancs, et un talent inespéré. « Le temps passe si vite. » lançai-je à mon visage vieilli. A travers le miroir surgit l’adolescent de seize ans que j’étais. Il me sourit, puis
dit :
« Alors c’est comme cela que le temps t’a construit ?! »
« C’est toi-même qui te construis. Le temps, lui est assassin. »
Sous les yeux horrifiés de mon passé, je déboutonne ma chemise, laissant apparaître la cicatrise qui se trace sur mon cœur, avant de reprendre :
« Mon amour n’a rien pu y remédier… » Le reflet de mes seize ans alors pleure. « Vois-tu, c’est
l’histoire d’un jeune garçon de seize ans. Un personnage apprécié, mais sensible, qui va vers sa chute. Coups après coups, il se forge le destin qu’il souhaitait le plus au monde, grâce aux rêves
qui l’habitaient. Les balles passèrent à travers, ne te tuèrent point, et te rendirent plus fort. » Un silence interrompit cet éloge. « La chute
est longue. Mais le plus important n’est pas la chute, c’est l’atterrissage. Je suis l’atterrissage. J’espère que tu te plais… »
« J’aime beaucoup le déguisement ! » L’un sourit à l’autre, d’un sourire qui laisse se dessiner sur le jour gauche cette éternelle fossette. Soudain, le visage du plus âgé s’adapte
à une expression plus sombre, ajoutant :
« Le rêve est une promesse que la nuit ne tient jamais… »
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. . . . . ...08h00 ... . . . .
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Driiiiiiiing !!! Il fait noir.
Fin...